Galerie Afikaris Hors les murs Exhibition

Tisserl'héritage:laMaisonGachaprêtesestextilesàlagalerieAfikaris

Maison Gacha 21 août 2025 4 min

Du 14 au 23 août, la galerie Afikaris a présenté Tisser l'héritage – Renouer avec nos racines, une exposition consacrée au textile comme langage vivant. Des œuvres textiles de la collection de la Maison Gacha y dialoguaient avec les créations d'Asiko, Saïdou Dicko et Ozioma Onuzulike.

Le textile est un langage vivant, porteur de mémoire, de rituels, de résistances et de récits. C'est de cette conviction qu'est née Tisser l'héritage – Renouer avec nos racines, l'exposition présentée par la galerie Afikaris du 14 au 23 août, sous le commissariat d'Angie Martial. La Maison Gacha a eu le plaisir d'y prendre part en prêtant plusieurs œuvres textiles de sa collection.

Pensée comme un parcours en trois temps, l'exposition réunissait les regards croisés de trois artistes d'Afrique et de sa diaspora : Asiko, Saïdou Dicko et Ozioma Onuzulike. Photographies peintes, installations textiles, céramiques et sculptures composaient un espace où le tissu devenait matière à penser, à rêver et à se souvenir, dans ses dimensions symboliques, politiques et esthétiques.

Chez Saïdou Dicko, le tissu est un terrain de recherche et de réappropriation. L'artiste interroge la mémoire visuelle partagée des sociétés africaines, et notamment l'omniprésence du wax, textile ambigu dont l'usage généralisé masque souvent l'origine coloniale et la fabrication industrielle. Ses silhouettes noires, sans visage, surmontées d'une croix empruntée à un motif textile peul, échappent à toute assignation et deviennent des figures du souvenir.

C'est dans la section « Le tissu comme origine : matière, mémoire, identité » que prenaient place les pièces de la Maison Gacha. Le tissu y était célébré comme une œuvre en soi, support de gestes, de croyances et de récits. Nos textiles y côtoyaient le travail photographique d'Asiko, qui transpose dans l'époque contemporaine l'adire, textile teint des Yoruba. Dans sa série The Woman Code, il appose sur le corps de ses modèles les motifs qu'utilisaient les femmes yoruba pour communiquer entre elles en secret : vêtue de symboles, la silhouette féminine devient porteuse de mémoire.

Ce dialogue entre textiles patrimoniaux et création contemporaine est au cœur de ce que défend la Maison Gacha. Prêter nos œuvres, c'est permettre à la collection de circuler, de rencontrer de nouveaux publics et d'entrer en résonance avec les artistes d'aujourd'hui. Pour un textile, être regardé, c'est déjà continuer d'exister.

Merci à la galerie Afikaris et à Angie Martial pour cette invitation. Le dialogue se poursuit cet automne avec l'exposition Ndop, à la Maison Gacha à partir du 21 octobre.

Partager cet article

Diffusez la voix de la Maison Gacha